18/02/2014

Le Docteur Paul Walkinson

Mais qui est donc ce fameux Docteur Paul Walkinson dont on parle tant dans nos pages ? Et bien voici...

Paul Walkinson, aventurier

Au commencement était le Verbe, ce qui pourrait sembler mal préludé pour un grammairien, puis vint Paul Walkinson.

C'est par un certain jour calme et serein du doux et paisible hiver ardennais, à Gouvy-lez-Flâneurs, pour être plus précis, le 24 février 1912, pour être encore plus rigoureux, qu'apparut en ce monde bas, le petit Paul.

Fils unique de Jean-Baptiste Walkinson et de Germaine Rebuchet, Paul ne connu son père Jean-Baptiste, parti deux longues années avant sa naissance, qu'à l'âge de six ans.

Sa famille, dont la souche est d'origine Anglo-saxonne, a toujours compté bon nombre d'aventuriers et d'explorateurs.

Son bisaïeul, John Walkinson, dû s'expatrier suite à un malentendu qui n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Ses détracteurs firent croire qu’il avait mis la main sur les bijoux de famille du Roi, lui qui avait déjà tant de fil à retordre avec le collier de la Reine.

Du fond du jardin, glèbe familiale de Gouvy-lez-Flâneurs, le petit Paul se demanda bien vite où se posaient les hirondelles avant l'invention du téléphone, ce qui lui ouvrit des horizons insoupçonnés et incommensurables autant qu'abyssaux.

Cependant il fut rapidement confronté au carré de l'hypoténuse plutôt qu'aux carrés de légumes, aux ronds-de-cuir plutôt qu'aux ronds dans l'eau, mais pugnace, cela ne le découragea point.

Après des études bigarrées mais chatoyantes, il réussit un doctorat à l’ Explorers and Adventurers University of Oakland et obtint même les Grandes Palmes dans la spécialisation « exploration sous-marine ».

Alors, un frisson lui parcourut le corps, des palpitations sismiques lui envahirent le cerveau. Séisme considéré comme minuscule à l'échelle du temps, néanmoins estimé gigantomachique sur l'échelle du savoir.

Les pôles se bousculaient, les hémisphères se phagocytaient, quant aux longitudes et aux latitudes, elles ne lui en laissèrent aucune.

Lui, d'une impassibilité fulgurante, prouvera qu'il peut y avoir tempête dans un verre d'eau. Il ne savait pas encore où aller, et pourtant fort de l'idée que rien n'est moins sûr que l'incertain, il y alla.

Et dès ce jour, comme le dit si justement Théophile Trimouillard, (à ne pas confondre avec Jésus Christian, son précurseur) : "il fut la main qui ouvrit au monde la toile de fond de l'inconnu".

En effet, Paul Walkinson, aujourd'hui citadelle inexpugnable, garnit les vides scientifiques souvent creux qui devinrent bien vite des éminences protéiformes.

C’est en 1936, lors d’un séjour en Chine, qu’il rencontra Lisa Vorochilov qu’on surnommait « Mata-Smär » et dont Mata-Hari fut l’égérie. Il eut une passion débordante envers Lisa qu’il surnommait : « Mon petit agent de poche ».

Il parcouru tous les continents à la découverte de peuplades encore inconnues et nous en ramena des plantes ou des animaux jamais étudiés. Lorsqu'il plonge sur les lieux du naufrage du Titanic, il n'hésite pas, au mépris du danger, de sauver la vie d'une femme qui, étant toujours sous la douche, ne s'était pas aperçue du naufrage.

C'est en 1932, qu'il compulse le fabuleux ouvrage du philosophe Jean-Lou Darsonval "L’art comme asymptote potentielle". Darsonval y développe un aphorisme de Protagoras en ces termes: « Les choses qui ne sont pas ce qu’elles ne sont pas, ce sont les œuvres d’art, auxquelles revient une réalité différente de celle des choses et qui ne sont donc pas ce qu’elles ne sont pas. »

Et ce fut l'étincelle, l'illumination, l'aurore boréale. Walkinson comprit que l'art lui procurerait une ouverture d'esprit béante sur de nouveaux horizons inaliénables.

"On ne mesure pas l'Helicon avec des millimètres" avait-il coutume de dire avec cet esprit d'arpenteur qui le caractérisait.

Après son père Jean-Baptiste, Paul fut accueilli avec fastes par les "Treize et Trois", ces seize érudits qui ébranlèrent nos certitudes intellectuelles.

« J’ai enfin vu ce que j’ai entendu » conclut-il.

Un peu fatigué par ses nombreuses aventures autours du monde, incontinent lui-même, il consacra la fin de sa vie à faire le bien.

C’est le 16 mai 1984 qu’il nous quitta définitivement, pour explorer d’autres lieux mystérieux.

Le sourire aux lèvres, il nous laissa un dernier message :

« Ah, si tous les fêlés du monde pouvaient se fendre la pipe ! »

Si l'homme est petit devant les ouvrages qui appartiennent aux démiurges, nous nous sentons grandis grâce à cet homme qui les tutoyait.

Bien sûr il y eut Colomb, Balboa, Magellan, Copernic, Galilée, Vésale, Paracelse, mais maintenant, après Paul Walkinson, on peut tirer l’échelle ou qui l’on veut !

 

 

© Le fabuleux mais improbable Musée du Docteur Paul Walkinson

 

Les commentaires sont fermés.