24/11/2013

Les gynophores

Gynophores

Définition : Les gynophores sont des phrases qui portent en elles un sens caché, souvent grivois, dévoilé par déclinaison au féminin.

-La déclinaison peut être stricte :

 

« Le civet se valorise de lapin »

(La civette se valorise de la pine)

 

« Le goût du branle-bas »

(La goutte de la branlette basse)

 

«  Saisi par le chat, dégouline le cyprin »

(Saisie par la chatte, dégouline la cyprine)

 

« Un bon brouet pour son mot, voilà ce que suggère la secrétaire au Comte »

(Une bonne brouette pour sa motte, voilà ce que suggère le secrétaire à la Comtesse)

 

-ou évoluée :

 

« Avec un bon pouf, savourer le goal »

(Avec une bonne pouffe, savourer la gaule »

 

« L’échassier redoute le courant, qui rend le pas délicat »

(L’échassière redoute la courante, qui rend la passe délicate)

 

enfin, elle peut être phonétique :

 

« Le grognard de Bonaparte, qui avançait pourtant un bon mot, fait un dernier pas puis s’écroule »

(La grognasse de Bonaparte, qui avançait pourtant une belle motte, fait une dernière passe puis s’écroule )

 

« Le faon a effleuré le capot »

(La fente a effleuré la capote)


Docteur Lichic

Lu dans Catarrhe N° 5

20/11/2013

Le commandement


Pour un colonel en retraite qui, avec brio, a commandé un régiment devant l'ennemi, rien n'est plus démoralisant ni plus déprimant que de se voir réduit à commander une choucroute dans une brasserie.

Pierre Dac

Lu dans Catarrhe N° 5

Pub 1

sauvez-les-grenouilles.jpg

Vu dans Catarrhe N° 2

Gestuelle

l'air.jpg

Thierry Lechat

Vu dans Catarrhe N°3

LE SUFFIXE -ARQUE

Le suffixe –arque désigne celui qui commande.

Les monarques et hérésiarques sont connus, mais il existe d’autres types de meneurs...

 

  • Étronarque : chef d’une bande de merdeux.

  • Tiralarque : capitaine des archers.

  • Anarchiarque : mec qui n’a absolument rien compris.

  • Coudmatrarque : commandant d’un bataillon de CRS.

  • Mireildarque : blonde suprême.

  • Camarque : grossiste en stupéfiants.

  • Amoniarque : maître es mauvaises odeurs.

  • Mènenbarque : baratineur cinq étoiles.

  • Putarque : maquerelle très imbue d’elle-même.

  • Patrarque : médecin spécialisé dans la mise en méforme.

  • Têtaclarque : gros con de première ligne.

  • Armagnarque : bouilleur de cru au talent inégalable.

  • Racagnarque : as du bricolage.

  • Cloarque : spécialiste des fosses septiques.

  • Lévymarque : chef de file d’un genre littéraire minable.

 

Éric Dejaeger

Lu dans Catarrhe N° 5

 

18/11/2013

La Cadémie de 'Pataphysique de Montegnet

Pataphysique

Nous  avons le plaisir non dissimulé de vous annoncer la création de "La Cadémie de 'Pataphysique de Montegnet". Bien que n'ayant pas deux mains gauches, son fondateur, Thierry Lechat, a choisi Jean-Paul Verstraeten comme bras droit, afin de s'assurer d'avoir deux mains droites.
Lors des agapes annuelles de Montegnet, petit village condruzien autant que belge, notre Maître Mitis a décerné les premiers titres honorifiques de "l'Ordre de l'Improbable" à des personnes méritantes. Voici son préambule :

Chaque médaille a son revers !!!
On connaissait la légion d’honneur, l’ordre de la grande jarretière, le mérite agricole…et même l’ordre alphabétique.
Que de courbettes rentrées, de discours sirupeux, de salonardes convenues et de reconnaissances  dévotes .
A chacun sa place pourvu qu’il puisse un jour gravir, gravir… au risque de se perdre et qu’au sommet, il en soit moutonnement remercié .                                   

C’est pourquoi,
Je déclare à toutes fins inutiles, séance tenante, solennellement, ostensiblement et par arrêté, la création irréversible et hilarante de « l’Ordre de l’Improbable ».

Furent décernés les titres de :
«  Souleveur de Paupières », «  Arpenteur de Haut Vol », « Grand Ornithomancier », « Greffière de l’être et de lettres », « Grand Harangueur », « Fulgurante Cordophone », « Vrai Monnayeur ».

 

Pataphysique

Souleveur de Paupières

Lu dans Catarrhe N° 5

Petite annonce

dessin

Dessin d'Olivier Texier dans Catarrhe N° 5

Le Pet-de-Nonne

L’Encyclopédie illustrée du Professeur Brodsky

Contrairement aux idées reçues, le pet-de-nonne ne fut pas inventé par sœur Marie-Thérèse de l'Enfant Jésus en 1857 mais bien par Jean-François Nonne en 1849.
Celui-ci est issu d'une grande famille de pâtissiers-inventeurs qui donnèrent leurs lettres de noblesse à la pâtisserie fine. Pour l'anecdote rappelons que c'est à sa sœur Madeleine Nonne que nous devons un petit moule à biscuit qu'il fallait jusque-là rouler dans les mains. De nos jours encore nous utilisons les moules à Madeleine.


Jean-François Nonne mit à profit un long séjour à l'hôpital pour météorisme, afin de mettre au point un systèmepet.jpg astucieux pour gonfler, par voies naturelles, de petites boules de pâtes.

Mais le pauvre homme ne fit pas enregistrer son invention et s'aperçut que quelques années plus tard les nonnes de la Providence, qui portent bien leur nom, avaient détourné son invention.
Un système bien plus compliqué était utilisé et une nonne ayant prononcé ses vœux devait prendre place dans la machine durant la confection des précieux beignets.

mort nonne.jpgJean-François Nonne défendit bec et ongles ses intérêts mais l'évêché ayant pris l'affaire en main, il passa pour un imposteur. Ne supportant pas cet affront, il se suicida sur sa tombe en 1859.

De nos jours ces machines, jugées obsolètes, ne sont plus utilisées, mais les pets-de-nonne en ont perdu en légèreté et en parfum, avouons-le.

 

Extrait de Catarrhe N° 4

16/11/2013

Notez bien

Le sérieux n’est que la crasse accumulée dans les têtes vides

Roland Topor


 

C’est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde.

Boris Vian


Bureau des affaires clashées

 Le râle du jour

L’écriteau ne laisse aucun doute. C’est le bon bureau. Je frappe….. à la porte.

Çà va saigner. Çà va chahuter et pas que dans les chaumières. Les bourgeoises n’ont qu’à bien se tenir, ce qui logiquement devrait être dans leur cordes. Je porte plainte ; les clashs ne sont plus ce qu’ils étaient. C’est plus çà. On nous vole. Les coups deviennent mous, presque des caresses. Trois fois déjà que moi et mon plateau télé on se paye un bide, un four, un râteau. C’est douloureux.

Et les mots !? Les mots! Que dire des mots : Mot-vais! Plus la moindre parole assassine, plus le moindre venin dans la queue, plus de pots de fleurs ! La frustration absolue. J’en crois pas mes oreilles. Tout juste si les snipers ne me mangent pas dans la main. Non mais… On a pas gardé les moutons ensemble.

Derrière la porte, le spectacle est total : le local ressemble à une arène. Sauf que les taureaux sont dans les gradins, et rigolent comme des p’tis fous. Sur le sable, les toréadors se lancent des piques. Certains ont des propos assez tranchants. Les plus clinquants ne sont pas les plus fringants. Ils en prennent plein la troncha. Réjouissant. Je revis un peu. Enfin des faibles et des forts, des otages et des lâches. Les vraies valeurs, quoi. Mais de là en oublier l’objet de ma visite….!?

Je ne suis pas seul. Un public nombreux circule, maugréant, geignant, criant son indignation à fleurets mouchetés. Il arpente un pourtour pavé de bonnes intentions, et contemple les habits de lumière et leur habitants, en phase de chamaillade musclée. Certains des visiteurs arborent un sourire de franche satisfaction.

C’est qu’ils ont eu leur compte : ils ont sans doute eu droit à une empoignade teignante entre un présentateur vedette secondé par ses chroniqueuses vachardes, et une invitée du style starlette éphémère, hébétée, et pour tout dire complètement démunie de répartie. Pas besoin de lobotomie. Combat inégal. De ceux qu’on aime. L’ingénue est à genoux. Yessss, sœur.

Personnellement, je n’ai pas encore trouvé ma tasse de thé. Au front desk, je prends un ticket, un ticket choc. Mon destin immédiat peut en dépendre. Mais en attendant, j’emprunte le pourtour et fais comme les autres, je pars à la recherche d’un clash digne de ce nom. Qui m’aime me suive. Les temps sont durs. Les mœurs ramollissent : rien de nouveau depuis que j’ai franchi le seuil du bureau des affaires « C ». Au point que l’envie me vient de faire joujoute moi-même. L’idéal pour vaincre sans péril et triompher sans gloire.

Je marche. A force de marcher et de scruter, j’ai l’impression que ma vue baisse. Fausse impression : c’est le pourtour qui s’use sous mes pas.

Je circule mais il n’y a rien à voir : rien que du charmant, du taquin, du coquin, du moqueur. On est loin de la destruction en règle, de la brimade dont on ne se relève pas. Sans clash full options dans les minutes à venir, j’explose et dégrade le personnel. Après tout, c’est un peu çà, le but de ma visite.

Du coin du regard, j’avise la reconstitution d’un petit studio où se déroule une simulation de petit talk show prometteur, le présentateur-frégate est sur le point d’anéantir une jolie actrice qui s’est engagée sur le difficile chemin de la réalisation. Ses seins magnifiques ne plaident pas en sa faveur : dans l’esprit de l’intelligentsia, perfection plastique et neurones ne sauraient habiter le même corps. Mais coup de théâtre : la môme piaffe, elle monte sur ses grands chevaux et ridiculise notre intello macho, quasiment KO : il ne sait plus comment il s’appelle : il bredouille, cherche ses mots partout, prend le chemin des coulisses sous les quolibets de son équipe qui cherche l’arrêt du buzz.

J’enrage, peste, tourne le dos, pas vraiment à point.

Je m’apprête à quitter le navire, fait comme un rat, lorsqu’une lourde et envahissante mégère me coupe la route et m’apostrophe comme un prof de littérature buse un étudiant, sans vergogne.

Ce qui me donne l’occasion de l’invectiver à mon tour et de la traiter de tous les noms sauf le sien.

Il n’y aura pas de sang ni de bave, car le gong a sonné. C’est l’heure de table. Les combattants humiliants et humiliés se précipitent bras dessus, bras dessous vers la sortie et le snack le plus proche : je suis pris en sandwich, le temps de constater que mon adversaire est à moitié beurrée !

Je rentre chez moi, là où malheureusement personne ne m’attend pour me contredire. L’inconvénient du célibat. Une certaine sérénité m’a envahi. J’ai gagné une chouette petite partie de clash as clash can.

 

Marc Sanders

Extrait de Catarrhe N°4