21/04/2015

Un auteur, un livre...

Ah, John P. Barrywell !

John, depuis ma plus tendre enfance m'a toujours fasciné et l'improbabilité des choses m'a sans cesse interpellé.

Je me souviens que, jeune adolescent, faisant quelques pas dans la cour du Trinity College de Dublin, en compagnie de John et de notre ami Oscar Wilde, je lui posai la question : « But what do you think about us and improbability? ». Après un petit silence de réflexion, Oscar me répondit, (je traduis), « On devrait toujours être légèrement improbable ».

Quelques années plus tard, nous prenions un milk-shake à la verveine, en Californie, avec notre ami Scott Adams, dans son établissement le Stacey's café de Pleasanton. Très vite on en vint à converser de l'improbable et d'un ton affirmatif qu'on lui connaît bien, il m'envoya : « Rien ne définit mieux l'être humain que sa position à faire des choses absurdes pour obtenir des résultats improbables ».

Et John, d'ajouter : « En admettant que l'improbable soit incertain, n'oublions donc pas que nos certitudes sont souvent improbables ».

Dernièrement, nous remontions le fleuve, le moteur de l'embarcation ronronnait doucement, les embruns couvraient les petites lunettes rondes de John debout au bastingage, ses cheveux blonds virevoltaient au vent, il avait la fière allure d'un capitaine au long cours. Devant nous le rocher légendaire trônait fièrement. Le bateau accosta, nous quittâmes « le Mouche » et attablés devant une bière, John sortit un petit carnet à spirales et prit quelques notes. « Dinant m'inspire » me lança-t-il, « J'ai la trame de mon nouveau roman et tu en seras le traducteur. » L'improbable avait encore frappé.

Voilà comment naquit « Et que l'ongle soit réincarné » de John P. Barrywell.

Jean-Paul Verstraeten.